Le port de Mohammedia emporté par Samir
Recul tous azimuts du trafic portuaire. A moins d’un mois de la clôture de l’année 2015, tous les indicateurs étaient orientés à la baisse. Le trafic global, y compris le transbordement, s’est replié de 3,4% à 101,09 millions de tonnes contre 104,67 millions à fin novembre 2014. A l’import comme à l’export, les volumes affichent un repli variant entre 2,3 et 2,9. Seul le cabotage, ce trafic entre les ports marocains, reste stable, autour de 3 millions de tonnes.
La baisse s’explique certes, pour une bonne partie, par la chute de 12,4% du trafic des hydrocarbures mais certains gros volumes ont également souffert. C’est le cas des phosphates, des engrais, des céréales, des agrumes et primeurs.
Néanmoins, le recul des importations des produits pétroliers, en particulier le brut, a impacté de plein fouet le port de Mohammedia dont l’activité a plongé de près de 30%. Sur les onze premiers mois de 2015, ce port pétrolier a vu son trafic à l’import reculer de 26,6% et à plus de 60% à l’export. Même l’activité du cabotage à l’export y a chuté de 41%. D’ailleurs, les exportations de produits pétroliers et dérivés qui totalisaient 2,11 millions de tonnes en 2013 ont été réduites de quatre fois l’année écoulée: 455.000 tonnes. En 2014, le port avait quand même exporté pour 1,87 million de tonnes, essentiellement de produits pétroliers. C’est à se demander si le raffineur disposait réellement de stocks de pétrole brut. (Voir infographie). Une bonne part du trafic des hydrocarbures, en particulier les produits finis, a été captée par Tanger
Med. Dans ce complexe portuaire, le trafic des produits pétroliers a bondi de plus de 37% sur les onze mois de 2015.
Mais la baisse d’activité a touché également d’autres ports. Agadir, Safi, Tan Tan, Laâyoune et Nador ayant accusé des replis de leurs activités. Seuls les ports de Jorf Lasfar et de Dakhla ont enregistré une progression significative de leur trafic. Le premier en raison des déchargements de céréales et de l’export des phosphates et dérivés et le second par les débarquements des produits de la mer. En revanche, le trafic du port de Casablanca s’est quasiment stabilisé à 22,9 millions de tonnes.Le port de Mohammedia emporté par Samir
Le port de Mohammedia est le plus affecté par l’arrêt d’activité de Samir. Le plongeon tendanciel de l’import et de l’export des produits pétroliers a réduit l’activité dans ce port de près de 30%. Une situation promise à l’aggravation avec les atermoiements du raffineur
Par mode de conditionnement, la plus forte baisse a touché, bien évidemment, les liquides en vrac dont le volume global a chuté de plus de 11% à 17,2 millions de tonnes. La baisse a surtout concerné les hydrocarbures (-12,4%). Par contre, les trafics de l’acide phosphorique, de l’ammoniac et des huiles végétales ont augmenté dans des proportions variant entre 5 et 9%.
La même tendance à la baisse est constatée pour le vrac solide. Ce trafic qui concentre près de 36 millions de tonnes s’est contracté aussi bien à l’import qu’à l’export. Il en est de même du trafic des conteneurs au niveau du transbordement qui après une tendance haussière soutenue a fléchi de 5,2%. C’est l’effet du repli du commerce mondial. Au niveau du commerce domestique, le trafic des conteneurs a augmenté de 3,9%.

En revanche, les marchandises diverses ont progressé de 7,7% à fin novembre dernier. Une amélioration tirée par les importations du bois et dérivés ainsi que des produits sidérurgiques. L’import de ces deux familles de produits ayant bondi de 22%.
A. G.
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leconomiste
